L'idéal du juste milieu
À seulement quelques jours du scrutin, nous parlons beaucoup du Parti Conservateur, mais il ne faudrait surtout pas oublier de parler de la pertinence du Bloc québécois. La ferveur conservatrice du ROC (rest of Canada) nous fait souvent oublier que le parti de Gilles Duceppe demeure le plus populaire du Québec, et qu'il raflera sans doute la majorité des sièges du Québec (et de loin).
Aux dernières élections, les commandites ont terni non seulement la réputation du Parti libéral, mais aussi du Canada lui-même. Peu de gens se posaient des questions sur la pertinence du Bloc. Il était alors naturel que ce parti devienne la meilleure façon de protester contre ce scandale. Souverainistes, mais aussi fédéralistes déçus ont confié leur vote à la formation de Gilles Duceppe. N'ayant aucune alternative fédéraliste pour contrer ce salissage du drapeau Canadien, devenu un outil de propagande enrichissant certains individus désormais célèbres, le mouvement souverainiste était la voie de protestation la plus naturelle des Québécois.
Au début de la présente campagne électorale, il semblait clair que le même scénario allait se reproduire, et même s'accentuer. Nous avons tous vécus la même surprise de la montée en popularité du Parti Conservateur. Maintenant, il existe une alternative aux libéraux. Les conservateurs proposent de réaliser une bonne partie de ce que le Bloc Québécois a dénoncé avec brio au cours de son existence. Les uns ont dénoncé, les autres veulent, et peuvent agir.
Pour que cela fonctionne, il faudra que les Québécois leur donne quelques ministres. Sans quoi, le conseil des ministres ne sera composé que de gens provenant du ROC. Ils défendront, avec raison, les intérêts de leurs provinces respectives. Mais oublieront-ils le Québec?
J'ai trouvé bien intéressante l'analyse de Mario Dumont sur le Bloc Québécois, bien que j'y apporterais quelques bémols. La présence du Bloc à Ottawa n'est pas en soi catastrophique, et le parti n'est pas inutile. Ce qui peut être néfaste, c'est que la presque totalité des députés québécois soient bloquistes, et que très peu d'entre eux soient élus sous la bannière du Parti ministériel. Dans ce cas, on peut parler d'un cantonnement très risqué dans l'opposition, et cela devient nuisible pour le Québec, quelque soi le parti au pouvoir.
Gilles Duceppe a raison de dire qu'il était nuisible pour le Québec d'avoir 74 députés libéraux sur 75 lorsque Pierre-Élliott Trudeau était au pouvoir, et Mario Dumont a raison lorsqu'il dit qu'un balayage bloquiste est catastrophique. Ce qu'il faut, c'est un juste milieu. Le Québec doit avoir à la fois des députés défendant leurs intérêts au pouvoir et dans l'opposition.
Le Bloc est le meilleur chien de garde à cet effet. Cela est d'autant plus vrai que si Stephen Harper n'est pas à la hauteur des attentes, Gilles Duceppe sera le meilleur chef pour lui rappeler que le déséquilibre fiscal doit être réglé, et que le Québec a sa place à l'UNESCO. Ce ne sont certainement pas les libéraux qui vont défendre cette thèse... Une combinaison Conservateur-Bloc Québécois est probablement la meilleure chose pour le Québec, tant qu'un certain équilibre demeure. Dommage que cet "équilibre" proprement dit ne figure pas sur le bulletin de vote.
Le grand paradoxe de cette histoire est que le règlement de ces dossiers litigieux, réclamé par le Bloc, donnerait un solide coup de main à Jean Charest face à un André Boisclair qui aurait perdu quelques uns des fameux raisins de la colère souverainiste...
Dans cette éventualité, le Bloc Québécois, comme l'idée souverainiste, devra se trouver un autre champ de vigne...
MAF
Aux dernières élections, les commandites ont terni non seulement la réputation du Parti libéral, mais aussi du Canada lui-même. Peu de gens se posaient des questions sur la pertinence du Bloc. Il était alors naturel que ce parti devienne la meilleure façon de protester contre ce scandale. Souverainistes, mais aussi fédéralistes déçus ont confié leur vote à la formation de Gilles Duceppe. N'ayant aucune alternative fédéraliste pour contrer ce salissage du drapeau Canadien, devenu un outil de propagande enrichissant certains individus désormais célèbres, le mouvement souverainiste était la voie de protestation la plus naturelle des Québécois.
Au début de la présente campagne électorale, il semblait clair que le même scénario allait se reproduire, et même s'accentuer. Nous avons tous vécus la même surprise de la montée en popularité du Parti Conservateur. Maintenant, il existe une alternative aux libéraux. Les conservateurs proposent de réaliser une bonne partie de ce que le Bloc Québécois a dénoncé avec brio au cours de son existence. Les uns ont dénoncé, les autres veulent, et peuvent agir.
Pour que cela fonctionne, il faudra que les Québécois leur donne quelques ministres. Sans quoi, le conseil des ministres ne sera composé que de gens provenant du ROC. Ils défendront, avec raison, les intérêts de leurs provinces respectives. Mais oublieront-ils le Québec?
J'ai trouvé bien intéressante l'analyse de Mario Dumont sur le Bloc Québécois, bien que j'y apporterais quelques bémols. La présence du Bloc à Ottawa n'est pas en soi catastrophique, et le parti n'est pas inutile. Ce qui peut être néfaste, c'est que la presque totalité des députés québécois soient bloquistes, et que très peu d'entre eux soient élus sous la bannière du Parti ministériel. Dans ce cas, on peut parler d'un cantonnement très risqué dans l'opposition, et cela devient nuisible pour le Québec, quelque soi le parti au pouvoir.
Gilles Duceppe a raison de dire qu'il était nuisible pour le Québec d'avoir 74 députés libéraux sur 75 lorsque Pierre-Élliott Trudeau était au pouvoir, et Mario Dumont a raison lorsqu'il dit qu'un balayage bloquiste est catastrophique. Ce qu'il faut, c'est un juste milieu. Le Québec doit avoir à la fois des députés défendant leurs intérêts au pouvoir et dans l'opposition.
Le Bloc est le meilleur chien de garde à cet effet. Cela est d'autant plus vrai que si Stephen Harper n'est pas à la hauteur des attentes, Gilles Duceppe sera le meilleur chef pour lui rappeler que le déséquilibre fiscal doit être réglé, et que le Québec a sa place à l'UNESCO. Ce ne sont certainement pas les libéraux qui vont défendre cette thèse... Une combinaison Conservateur-Bloc Québécois est probablement la meilleure chose pour le Québec, tant qu'un certain équilibre demeure. Dommage que cet "équilibre" proprement dit ne figure pas sur le bulletin de vote.
Le grand paradoxe de cette histoire est que le règlement de ces dossiers litigieux, réclamé par le Bloc, donnerait un solide coup de main à Jean Charest face à un André Boisclair qui aurait perdu quelques uns des fameux raisins de la colère souverainiste...
Dans cette éventualité, le Bloc Québécois, comme l'idée souverainiste, devra se trouver un autre champ de vigne...
MAF

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